Au-delà de sa contribution à l'emploi, le secteur de la pêche est une activité structurante en matière d'aménagement des 300 kilomètres de côtes, bassin et estuaires qui composent le littoral aquitain. Les activités de pêche et d'élevages marins jouent un rôle primordial sur ce territoire sensible que ce soit dans la vie économique, sociale et culturelle ou dans sa mise en valeur et sa préservation.

La région Aquitaine compte trois quartiers maritimes: Bordeaux, Arcachon et Bayonne. De cette segmentation géographique ressort une diversité dans les métiers et les types de pêche pratiqués.

Au 5/11/2008, la flotte régionale se compose de 348 navires. En nombre d’unités de pêche, elle subit un net recul dû à la situation de crise que traverse le secteur et aux sorties de flotte instaurées dans le cadre du Plan « Barnier » (25 unités en 2008). En effet, la flotte comptait 371 navires au 1/01/2008, et malgré quelques entrées en flotte, on observe une perte nette de 23 unités.
Par quartier, les situations sont diverses : 119 navires sont immatriculés sur Arcachon, (+ 6 unités par rapport au 01/01/2008), 175 sur Bayonne (-15 unités) et 54 sur Bordeaux (- 14 unités).

L’Aquitaine est toujours caractérisée par la diversité des métiers pratiqués même si certaines évolutions sont en cours. La flotte se compose de 7 bolincheurs, 36 chalutiers (-7), 104 estuariens (-25), 89 fileyeurs (-2), 18 ligneurs (-1), 90 polyvalents intrabassin (+12) et 4 thoniers canneurs délocalisés sur Dakar. Les tendances principales sont la diminution du nombre de chalutiers et de couralins (ciblent du Plan de Sortie de Flotte) et toujours l’augmentation des navires de pêche polyvalents du Bassin d’Arcachon. Ce second point semble être le résultat de la réforme du statut des navires en Conchyliculture Petite Pêche (CPP) qui doit faire progressivement passer ces navires en activité exclusive : Petite Pêche (PP) ou Culture Marine (CM). En effet, nous sommes passés de 227 unités CPP en 2007 à 160 au 5/11/2008.

La puissance totale de la flotte de pêche (hors CPP) est de près de 59 000 KW pour une jauge de près de 15 350 UMS et une taille moyenne de 11,95 mètres. Peu de variations sont observées sur ces indicateurs dans la mesure où de petites unités ont été compensées par l’arrivée de quelques grosses unités de pêche sur le quartier maritime de Bayonne.

Lorsque l’on s’intéresse à la pyramide des âges des armateurs, il est évident également qu’il y a un besoin urgent de faire accéder des jeunes dans la profession sur les pêcheries qui restent favorables.

La pérennité du secteur productif ne pourra se faire sans une filière de mise en marché forte et efficace avec là aussi des adaptations à prévoir.
Toute une partie de la production est vendue sous les deux criées d’Aquitaine. Le cumul des résultats des deux criées régionales marque en 2007 une progression en valeur de 7 % malgré la diminution de 9 %, des tonnages commercialisés. Ainsi, 8 382 tonnes ont été mises en ventes en 2007 pour une valeur de près de 30,3 millions d’€.
Ces produits sont pris en charge par une filière aval forte de plus de 80 entreprises de mareyage, grossistes et poissonniers, qui vont également devoir s’adapter aux évolutions en cours de la production. La baisse des volumes due à la perte d’unités de production pourrait être compensée par une meilleure valorisation des produits (transformation par exemple).
Le reste de la production est vendu directement par les pêcheurs. C’est le cas notamment de la petite pêche d’estuaire, de Capbreton et intra-bassin (plus de 1 600 tonnes déclarées en 2007 pour le Bassin d’Arcachon/ IFREMER).